« L’urbanisme culturel est un champ de pratiques et de recherches situé au carrefour de plusieurs mondes* qui envisage la puissance et la finesse de la création artistique (arts visuels, arts vivants) et la profondeur de la dimension culturelle dans les différentes phases de la fabrique urbaine officielle (notamment pour les enrichir**) comme en dehors des processus institutionnels de la production urbaine (pour agir sans attendre, cf. l’urbanisme tactique institutionnel ou pirate) pour mettre en œuvre des villes relationnelles***, faire advenir des urbanités vivables (soutenables et hospitalières), vivantes (animées et politiques) et vibrantes (désirables et inspirantes), transformer des situations, dans l’esprit du droit à la ville**** et des droits culturels*****. » — Manifeste de Villes In Vivo (2023)
POUR ALLER PLUS LOIN…
* L’urbanisme culturel est un champ de pratiques et de recherches :
→ en développement depuis une quinzaine d’années
parallèlement à l’urbanisme transitoire, à l’urbanisme tactique et aux droits culturels, à l’initiative historiquement du pOlau – pôle art et urbanisme, puis d’un réseau d’acteurs réunis récemment au sein du Mouvement de l’urbanisme culturel (voir plus loin).
→ au croisement de plusieurs mondes (pour reprendre cette idée inspirante au fondement des RIM – Rencontres Inter-Mondiales des Nouvelles Manières de Faire en Architecture et en Urbanisme) : mondes de l’urbanismes, mondes de l’art en espace public, mondes de l’architecture et du paysagisme, mondes du développement social urbain…

→ avec des projets de plus en plus nombreux
parmi lesquels… plan-guide de l’île de Nantes, parcours d’art du tramway T3 bis (Paris), TRANS305 et la démarche HQAC (Ivry), Mission Nuage (EPCI Plaine Commune), Reconquête urbaine (budget participatif de la Ville de Paris), Réinventons nos places (Ville de Paris), Une journée au parc (Lorient), Transfert (Rezé), Parlement de Loire, Vallée de la Vilaine, Une œuvre pour le parc urbain (Tremblay-en-France)…
→ avec des formations, des publications, des réseaux et des rendez-vous professionnels
Master Projets culturels dans l’espace public (Ecole des arts de la Sorbonne, Paris 1), Plan-Guide arts & aménagement + plateforme Arteplan.org (Ministère de la culture/POLAU), Académie d’urbanisme culturel, MNACEP (Ministère de la culture, 2016), revue Klaxon #11, RIM – Rencontres Inter-Mondiales des Nouvelles Manières de Faire en Architecture et en Urbanisme (Rennes 2019 et 2021, Brest 2023)… et récemment le Mouvement de l’urbanisme culturel (voir plus loin).
** L’urbanisme culturel se développe dans les différentes phases de la fabrique urbaine :
→ lire à ce propos la revue Klaxon #11 qui présente des démarches d’urbanisme culturel dans les différentes phases de la fabrique urbaine : diagnostic, concertation, création, transition, chantier…
→ « Nous considérons que la création artistique peut être mobilisée à toutes les étapes des projets urbanistiques, et pas uniquement à la fin. J’ai coutume de dire qu’à la cerise sur le gâteau – l’œuvre posée sur l’espace public –, nous préférons le clafoutis, c’est-à-dire les démarches artistiques intégrées dans la fabrique urbaine – dans les phases d’enquête notamment, où via le sensible et l’imaginaire, grâce à des artistes sismographes et des outils souvent décalés et engageants, comme la psychanalyse urbaine, nous parvenons à voir, entendre ou sentir autrement les situations, et à embarquer plus de monde. On passe donc d’un art posé sur la ville à un art intégré dans un contexte, qui n’est pas un simple exhausteur de goût, pour ajouter une touche de beau, mais un ingrédient possiblement déterminant d’une situation urbaine, pensé en dialogue avec les citoyens et les acteurs classiques de la fabrique urbaine. On retrouve l’idée de la ville comme œuvre collective avancée par Henri Lefebvre dans Le Droit à la ville. » « Art et urbanisme : de la cerise sur le gâteau au clafoutis », entretien avec Pascal Le Brun-Cordier, revue Urbanisme 438, été 2024.
*** L’urbanisme culturel contribue à mettre en œuvre la ville relationnelle :
→ la notion de ville relationnelle est développée dans un livre paru en 2024 aux Editions Apogée, co-écrit par Sonia Lavadinho, Pascal Le Brun-Cordier et Yves Winkin. Pour en savoir plus sur la Ville relationnelle, écoutez notamment le 8e podcast de « Bien dans ma ville » ici.
**** L’urbanisme culturel se développe dans l’esprit du droit à la ville :
→ Le droit à la ville est un concept travaillé par Henri Lefebvre, philosophe et sociologue, dans son ouvrage Le droit à la ville, paru en 1968. Entendu comme un droit fondamental constitutif de la démocratie, il définit les villes comme des biens communs, des œuvres communes, conçues par tous·tes les habitant·e·s et accessibles à tous·tes les habitant·e·s, comme « des espaces réussis, c’est-à-dire favorables au bonheur ». C’est « un droit à la vie urbaine, à la centralité rénovée, aux lieux de rencontres et d’échanges, aux rythmes de vie et emplois du temps permettant l’usage plein et entier de ces moments et lieux ».
Pour en savoir plus sur le droit à la ville : le livre, un dossier de la revue Métropolitiques, cet article…
***** L’urbanisme culturel contribue à mettre en œuvre les droits culturels :
→ Les droits culturels « protègent les droits de chacun, individuellement et collectivement, ainsi que les droits de groupes de personnes, de développer et d’exprimer leur humanité, leur vision du monde et la signification qu’ils donnent à leur existence et à leur épanouissement par l’intermédiaire, entre autres, de valeurs, de croyances, de convictions, de langues, de connaissances, de l’expression artistique, des institutions et des modes de vie. Les droits culturels protègent également l’accès aux ressources et patrimoines culturels qui rendent possibles ces processus d’identification et de développement. » (source)
→ On peut considérer que les droits culturels incluent le droit à la ville.
Pour en savoir plus sur les activités de Villes In Vivo : par ici !
Pour nous solliciter : par là !
Le Mouvement de l’urbanisme culturel Le 19 décembre 2023, jour de la Saint Urbain, les membres fondateurs du Mouvement de l’urbanisme culturel* se sont réunis, en marge de la ZAT – Zone Artistique Temporaire de Montpellier, pour se constituer en association loi 1901. Ces responsables d’associations, d’entreprises et de coopératives, urbanistes, artistes et citoyen·es se reconnaissent dans des pratiques qui contribuent à la transformation des territoires en vue de leur meilleure habitabilité, appelées urbanisme culturel. S’appuyant sur des interventions artistiques et culturelles situées et s’inscrivant dans les enjeux contemporains des transitions, l’urbanisme culturel crée les conditions de la capacité à agir pour toutes les parties prenantes et influe sur les modes opératoires de la fabrique territoriale.
Né des réflexions de l’Académie de l’urbanisme culturel initiée en 2018 par le POLAU – arts & urbanisme (Tours), le Mouvement de l’urbanisme culturel structure cette dynamique collective dans un nouveau rayonnement national.
Le Mouvement de l’urbanisme culturel a pour objet de :
- Représenter les praticien·es de l’urbanisme culturel :
- Rendre visible ces pratiques par la valorisation et le plaidoyer auprès des partenaires publics et privés ;
- Structurer et développer un champ professionnel avec l’organisation de rencontres, de temps de recherche-action, de colloques, de publications, d’expositions, de communication et de sensibilisation ;
- Travailler en lien avec les autres champs professionnels et réseaux qui visent à une meilleure habitabilité de nos territoires.
Impulsé par ses membres fondateurs, le Mouvement de l’urbanisme culturel souhaite s’ouvrir rapidement à d’autres praticiens qui se reconnaissent dans ces modes de faire et d’agir.
* Fondateurs du Mouvement de l’urbanisme culturel : Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine, Au bout du plongeoir : Fabienne Quéméneur. Thorigné-Fouillard ; Compagnie Mycélium : Gabriel Soulard. Alençon ; Compagnie Tangible : Edwine Fournier. Vitry-sur-Seine ; Cuesta : Alexandra Cohen. Paris & Agathe Ottavi. Rennes ; Des ricochets sur les pavés : Judith Frydman. Arcueil ; Esopa Productions : Christine Milleron. Paris ; Mondes communs : Fanny Broyelle. Nantes ; Playtime : Antoine Cochain. Rennes ; POLAU – arts & urbanisme : Maud Le Floc’h, Jean Cabaret & Amandine Le Corre. Tours ; Stefan Shankland. Artiste plasticien et enseignant. Ivry-sur-Seine ; Villes in Vivo : Pascal Le Brun-Cordier. Paris.

Le siège social de l’association est implanté dans la Métropole Nantaise
Pour aller plus loin…
→ les projets recensés par Arteplan
→ les outils et réalisations de la coopérative Cuesta
→ les RIM, Rencontres Inter-Mondes des nouvelles manières de faire en architecture et urbanisme
→ les podcasts du cycle de rencontres Demain l’espace public, sur l’hospitalité, la place des artistes dans la fabrique urbaine, la ville relationnelle, la ville comme terrain d’aventure, la place publique en régime démocratique…
→ les podcasts de Transfert
→ les productions d’ESOPA
→ les psychanalyses urbaines de l’ANPU
→ les activités du pOlau
→ le travail de Cartons Pleins
→ les réalisations des Ricochets sur le pavé
→ le travail de Playtime
→ les projets de Yes We Camp
→ les créations de Stefan Shankland
→ le travail de la Preuve par 7
→ les réalisations de De l’aire
→ le projet Vieillir Vivant
→ les activités de la Fabrique des Impossibles
→ la thèse de Fanny Broyelle (bientôt en ligne)
→ et… les réalisations de Villes In Vivo
Pour en savoir plus sur les activités de Villes In Vivo : par ici !
Pour nous solliciter : par là !

